« En suivant le chemin qui s’appelle plus tard, on arrive sur la place qui s’appelle jamais. » (Sénèque)

Encore une citation de Sénèque ! Et il y en aura d’autres, mais quelle source d’inspiration …

J’ai déjà parlé ici de la procrastination, celle du quotidien qui nous parasite parfois plus que de raison. Mais j’ai aujourd’hui envie de parler d’une procrastination bien différente, celle qui consiste à remettre à plus tard ses projets les plus importants, ses choix de vie … ou en d’autres termes à choisir l’immobilisme.

Avez-vous jamais repoussé un projet important à plus tard ? L’avez-vous mis en place depuis ou attend-il toujours que vous le réalisiez ?

Si c’est le cas, en éprouvez-vous du regret ? Alors, cet article est pour vous !

Qu’est-ce qui vous pousse à reporter à plus tard ?

Vous avez sans doute vos raisons.

« Je n’ai vraiment pas le temps ! »

Bien sûr, on a toutes et tous des vies prises dans la tourmente des obligations professionnelles et familiales, des activités multiples, … On n’a le temps de rien. Vraiment ? Voulez-vous continuer à subir ou prendre le contrôle de votre emploi du temps ?

« Je n’en ai pas les moyens … »

Pas l’argent, pas les connaissances, pas la formation, … Tout cela, ça s’acquiert. Et si acquérir les moyens qui vous manquent devenait la première partie de la réalisation de votre projet ?

« Et si … ? »

Et si cette idée n’était pas bonne ? Et si j’échouais ? Et si ça faisait plus de mal que de bien ?… Et si vous réussissiez ? Et si cela vous changeait vraiment la vie, et changeait la vie de vos proches, pour le meilleur ? Car si vous êtes bien, cela réussira forcément à ceux que vous aimez !

remplacer la peur par la curiosité

 

Faire un sort à la peur

La peur est sans aucun doute ce qui nous fait le plus reculer devant le changement. Peur de l’inconnu, peur de l’échec, peur de la réussite elle-même … Comment la mater ? Et faut-il la mater ? Après tout, la peur est un signal qui a permis de préserver notre espèce depuis la nuit des temps … Encore faut-il en faire bon usage. Imaginez un monde où l’être humain, comme un seul homme, se serait laissé paralyser par sa peur de la nouveauté : pas de domestication du feu, pas de vaccin ni d’antibiotiques, pas d’automobile…

Heureusement, si l’homme a eu peur, il a utilisé sa peur pour agir avec prudence et maîtriser les risques. Voilà à quoi sert la peur : protéger le foyer pour éviter que le feu ne se propage, mener des essais sur les médicaments avant de les mettre sur le marché, ou améliorer la sécurité routière. Mais sans doute pas à rester figé dans un état qui ne nous satisfait pas !

Alors, qu’est-ce qui vous fait peur ? Et comment maîtriser cette peur ?

Vous avez peur d’échouer ? Adoptez cette maxime de Nelson Mandela : « Je n’échoue jamais. Soit je réussis, soit j’apprends » (si vous me lisez souvent, vous connaissez sans doute cette phrase par cœur !). L’échec n’est qu’une étape sur le chemin de la réussite. Accepter la possibilité d’échouer, se reconnaître faillible, c’est un bon moyen d’atteindre son but final, puisque ça autorise à agir.

Vous avez peur de faire le mauvais choix, et d’avoir des remords ? Si vous n’en êtes pas sûr, si malgré vos doutes, votre envie reste présente, alors vous pouvez être quasiment certain-e d’avoir des regrets si vous n’agissez pas et si vous continuez à reporter votre projet. Entre des regrets certains et un remords possible, quelle est la pire des options ?

La peur de réussir

Et si en fait, vous aviez peur de réussir ? Parfois, c’est la pire des peurs, car on a tout simplement du mal à l’envisager ou à l’admettre. C’est quoi, la peur de réussir ? En fait, elle cache d’autres peurs : la peur du changement et de l’inconnu, la peur de perdre son identité, la peur de trahir pour les plus fréquentes.

J’ai peur de réussir parce qu’après, ma vie ne sera plus pareille.

En fait, je ne sais pas à quoi elle ressemblera. Je serai peut-être déçu-e. Ou tout simplement désorientée … Peut-être aussi sais-je plus ou moins consciemment que cette nouvelle vie implique des changements qui vont à l’encontre de certaines de mes valeurs les plus fortes (un déménagement lointain, alors que la famille est une valeur-pilier de mon identité, par exemple). Cela mérite d’être examiné, afin de résoudre en amont la difficulté, ou modifier le projet.

J’ai peur de réussir parce que si je réussis, cela remet en cause des fausses croyances sur moi

… et implique une remise en cause profonde qui est inquiétante. Je me suis toujours cru-e incapable de telle ou telle chose, et si j’y arrive, cela remet en question ce que je pense savoir de moi … jusqu’où ? N’est-il pas plus simple de rester (relativement) confortablement installé dans ses représentations anciennes ? Mais si c’est au prix de rêves avortés, est-ce vraiment ce qu’il y a de mieux pour vous ?

La question que cela amène, c’est : « Qui trahissez-vous en balayant vos croyances limitantes sur vous-même ? » Est-ce un parent ? une personne proche ? Qui vous a transmis ou inculqué cette vision de vous ? Cette vision est-elle bonne pour vous ? Si cela vous empêche de réaliser des projets qui par ailleurs sont bons pour vous, sans doute pas …

J’ai peur de réussir, car réussir, c’est trahir

Peut-être aussi, en sortant d’un sillon tracé pour vous, d’un modèle familial pesant, avez-vous l’impression tout à la fois de ne pas être fait-e pour cela, et de trahir ceux qui vous ont donné la vie et élevé-e ? C’est bien sûr une fausse croyance … et sans doute vos parents n’ont-ils qu’une seule envie : vous voir vous réaliser et vous épanouir. Et si vous vous concentriez sur cet objectif-là et mettiez en œuvre le nécessaire pour atteindre vos objectifs ?

Prendre conscience de votre peur, en identifier les causes, c’est commencer à l’apprivoiser. Et l’apprivoiser, c’est se donner la possibilité de la dépasser.

C’est le premier pas qui compte …

courage et peur selon N. Mandela

Maintenant que vous avez fait le tour de la question, n’oubliez pas que pour mettre en œuvre un projet, c’est le premier pas, aussi petit soit-il, qui compte. Quel sera votre premier pas ? Prendre la décision de réaliser votre projet et vous donner un délai précis. Le second pas sera de définir un plan d’action qui commence dès maintenant. Vous pouvez commencer par dégager le temps qui vous manque ou chercher (et trouver) les moyens qui vous permettront de vous lancer ? Et pourquoi pas demander à vos proches de vous soutenir ?

 

 

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