Le pouvoir de dire non

« Mon problème, c’est que je ne sais pas dire non … » Combien de fois ai-je entendu cette phrase ? Et ne pas réussir à dire non, c’est un vrai poids, dont il n’est pas si facile de se libérer. Pourtant, il existe des solutions.

Pourquoi est-il si important de pouvoir dire non ?

La capacité à dire non est directement liée à notre estime de soi, à notre confiance en soi, à notre capacité à respecter et faire respecter nos limites personnelles. Or, ces limites sont là pour nous protéger. Sans ligne de défense, nous finissons par nous oublier, nous laisser dévorer par notre entourage familial, professionnel, social, par nos « devoirs ». Les conséquences ? Une baisse d’estime de soi (« je vaux moins que les autres, puisque j’accède systématiquement à leurs demandes, même quand cela me coûte trop ») et un risque d’épuisement à moyen terme. Car moins vous dites non, plus on vous en demandera. Vous aurez peut-être l’impression d’être indispensable, mais ne vous y trompez pas, vous serez seulement la personne à qui il est le plus facile de demander un service.

pouvoir dire non

Apprendre à dire non n’est tout de même pas simple, car vous avez probablement intégré au plus profond de vous-même que si vous dites non, les gens vont vous en vouloir, et peut-être même qu’ils ne vont plus aimer. Vous avez peur aussi de culpabiliser, de ressentir des remords. D’ailleurs, vous risquez de devoir affronter des situations d’incompréhension qui vous conforteront dans cette idée … Je me rappelle avoir été convoquée par ma supérieure hiérarchique suite à un « non » inattendu (et malvenu, objectivement). Malheureusement pour moi, ce « non » découlait de circonstances qui faisaient que j’étais déjà au bout du rouleau à force de dire oui à tout le monde, tout le temps, et je vous dois la vérité : ça ne s’est pas bien passé du tout. N’attendez donc pas de ne pas pouvoir faire autrement pour dire non : vous serez alors allé(e) trop loin pour vous.

Mais pas n’importe quel « non » !

Mais savoir dire non, ça s’apprend. Il y a bien des façons de dire non, et toutes ne se valent pas.

  • le non rebelle et systématique : il vous enferme aussi sûrement que le oui sempiternel, et vous condamne à l’immobilisme. Vous n’êtes plus la bonne poire, mais le grincheux de service … et vous allez vous mettre tout le monde à dos (sauf les autres grincheux de service).
  • le non contraint : c’est un oui à une autre demande extérieure, explicite ou implicite, mais plus forte. Celui-là ne va pas vous aider à prendre confiance en vous, bien au contraire. Vous n’aurez que les inconvénients du non, sans en toucher les bénéfices.
  • le non « mission survie » : c’est celui qui arrive lorsque vous avez trop dit oui, et que vous n’avez plus de temps pour vous, plus d’énergie, plus rien … Il arrive trop tard, et peut vous mettre dans une position très difficile (si vous aviez choisi auparavant de dire non quand vous le deviez et le pouviez, si vous aviez su vous préserver, vous auriez dit oui à cette demande précise).
  • le non de principe : il s’agit de dire non pour respecter vos valeurs, et donc votre identité. Celui-là est essentiel, et vous devez ne pas hésiter à le faire valoir.
  • le non positif : il s’agit d’un non réfléchi, balancé, qui est un oui à soi-même. Quand vous l’adoptez, vous vous accordez la même importance qu’à l’autre, et vous choisissez de vous respecter et de vous faire respecter.

Comment dire non ?

Vous avez beau savoir que vous devez apprendre à dire non, vous ne savez pas vraiment comment faire, on ne vous l’a pas appris … La CNV (Communication Non Violente) est là pour vous aider ! L’idée est d’enrober votre non dans du oui. Vous allez dire non en trois temps :

  1. Oui, j’ai bien entendu ta demande. Tu souhaites que … (reformulez-la pour vous assurer que vous avez bien compris et assurer votre interlocuteur qu’il a votre attention), et je comprends que c’est important pour toi. Mais …
  2. NON, je ne veux/peux pas le faire parce que … (si possible, soyez honnête sur vos raisons).
  3. Je comprends que tu sois déçu(e). En revanche, est-ce tu as pensé à … ? (donnez une piste de résolution à votre interlocuteur).

Vous aurez ainsi dit non dans le respect de vous-même et des autres.

Et si vous essayiez de procéder ainsi la prochaine fois que vous n’aurez pas envie de dire oui ?

 

 

 

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