Complexe de l’imposteur : et si vous étiez concerné ?

S’il y a un problème que je rencontre souvent chez ceux et celles que j’accompagne, c’est bien le complexe de l’imposteur. Mais qu’est-ce que le complexe de l’imposteur ?

On pourrait le définir rapidement, comme l’impression – ou plutôt la conviction – de ne pas mériter sa situation, d’être arrivé où on en est par erreur. C’est très courant chez les femmes cadres, mais pas seulement.

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Cela reflète une piètre estime de soi, remontant souvent très loin dans l’histoire des personnes concernées.

 

Comment se construit le complexe de l’imposteur ?

Il apparaît souvent très tôt, dès l’école primaire. La victime parfaite est le bon élève, voire l’élève brillant, qui ne fournit pas d’efforts pour réussir, ou qui a l’impression de réussir trop bien par rapport aux efforts consentis. Si les adultes autour de lui vantent la qualité de son travail (quel travail ?), son sérieux et ses efforts (quels efforts ?) au vu de ses résultats selon l’idée habituelle qui associe efforts et résultats, une dissonance cognitive apparaît rapidement. En d’autres termes, le discours entendu ne correspond pas à la réalité de l’enfant, qui se trouve ainsi traité injustement, même si c’est à son bénéfice.

Pour peu que la situation perdure dans le temps, que le jeune voie que son travail a un rendement nettement plus élevé que celui de ses camarades sans qu’il puisse se l’expliquer rationnellement, si en parallèle on continue à vanter ses efforts et son sérieux, le complexe de l’imposteur s’installe. On comprend ainsi facilement que les personnes à haut potentiel intellectuel (en d’autres termes, les surdoués) soient particulièrement concernées. D’autant plus qu’elles sont généralement d’une grande lucidité sur les limites de leur travail, et ne conçoivent pas que les enseignants ne semblent pas voir ces limites qui pourtant devraient leur sauter aux yeux.

Arrivés dans le monde du travail, nos faux imposteurs ne comprennent pas davantage leurs réussites professionnelles  ni leur progression dans l’entreprise, qu’ils n’avaient compris leurs succès scolaires. Eh oui, on peut être très lucide sur ses limites, et bien moins sur ses talents ! Et cela peut parfois durer toute la vie, malheureusement, si on ne l’identifie pas et si on ne s’y attaque pas sérieusement …

Quelles en sont les conséquences ?

La première conséquence du complexe de l’imposteur est un mal-être persistant : imaginez que le vilain petit canard ne s’aperçoive jamais qu’il est un cygne, et se demande pourquoi les cygnes acceptent parmi eux un si vilain volatile … Est-ce une vilaine blague ? Est-il victime d’un canular universel, façon Truman Show ? Tous ces gens qui vantent ses mérites se moquent-ils de lui ?

Et puis, quelqu’un va forcément finir par se rendre compte qu’il (elle) n’est pas à sa place ! Et quelle dégringolade en perspective ! Quand on souffre du complexe de l’imposteur, on vit constamment dans l’appréhension de la chute.

syndrome-imposteurAlors, il faut la mériter, sa place, et travailler, encore et toujours plus : c’est la stratégie de l’overdoing, stratégie qui risque de mener au burn-out.

À moins, au contraire, d’arrêter de travailler (stratégie d’underdoing), histoire de précipiter la chute inéluctable et juste, après tout !

Refuser de s’engager est aussi un bon moyen d’éviter la chute, particulièrement en amour …

Dans tous les cas, l’image de soi est entamée, et la réalisation personnelle et professionnelle est en danger.

Comment y remédier ?

La clé est la restauration de l’estime de soi. Or, l’estime de soi s’appuie sur la connaissance et la reconnaissance de soi, de ses valeurs, de ses besoins, de ses capacités, de ses croyances et de ses limites également. Le coach dispose de nombreux outils pour favoriser cette (re)connaissance, et ainsi une meilleure estime de soi, qui permettra ensuite de sortir de cette sensation d’être un imposteur, et de se réaliser pleinement, grâce aux forces réelles qui sont les siennes, et qui auront émergé à la conscience de la personne concernée.

Et vous, vivez-vous ou avez-vous vécu avec le complexe de l’imposteur ? Avez-vous trouvé une voie différente pour vous en sortir ?

 

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