Le burn-out, maladie des battants

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Qui peut être victime du burn-out ?

Si le terme de burn-out est né dans le milieu médical, et s’appliquait initialement aux soignants (infirmière, médecins, aides-soignants), cette maladie a gagné tous les milieux professionnels en quelques années, et tous les niveaux hiérarchiques. On considère aujourd’hui que 12,6% de la population active est à risque (étude Technologia, 2014).

La maladie finit par toucher aussi la sphère familiale et scolaire : on commence à bien connaître le burn-out parental, et le burn-out scolaire apparaît aussi. On remarque d’ailleurs que dans le burn-out professionnel, les parents solos sont presque aussi touchés que les « champions » en la matière que sont les agriculteurs.

Quels sont les traits de personnalité des personnes touchées ?

candidats burn-out

Rappelons-le : ce sont des êtres de fiction !

          Le perfectionnisme : quand on pense qu’il faut toujours tout faire à la perfection, et que son travail peut toujours être amélioré, quand on voit les moindres imperfections de ses réalisations, quand on passe beaucoup de temps à imaginer comment faire mieux, plus efficacement, le risque est grand de se laisser envahir par la frustration, le découragement, la fatigue.

          Le dévouement : la personne dévouée aux autres les fait toujours passer d’abord, et s’oublie facilement. Cela cache souvent un sentiment d’infériorité (en Analyse Transactionnelle, on dit que la personne est non-OK/OK, c’est-à-dire qu’elle ne se trouve pas « OK » mais pense que les autres sont « OK »), qui sera amplifié par l’impression de ne pas faire correctement son travail.

          Des valeurs fortes, en contradiction avec celles de l’entreprise ou du contexte de travail : quand on se retrouve dans cette position, on se débat pour que concilier les contraires, en vain. On n’est plus aligné avec soi-même, et on ne peut plus aller bien.

          Parfois, le syndrome de l’imposteur peut être également à l’origine du burn-out : dans ce cas, les victimes, souvent des personnes particulièrement talentueuses dans leur domaine, se sentent illégitimes et veulent prouver qu’elles méritent leur place, obtenue trop facilement de leur point de vue. Rappelez-vous ce vers de Corneille : « À vaincre sans effort, on triomphe sans gloire. » Si l’effort intellectuel n’est pas ressenti comme tel, et peut même être très gratifiant, le corps peut de son côté ne pas tenir le rythme, ce qui influera nécessairement sur la psyché et les émotions.

Ces traits de personnalité, et en particulier les deux premiers, sont valorisés en entreprise, et l’on ne pense pas assez à limiter leur expression dans le cadre professionnel. Ils sont vécus comme des qualités. Mais tout est une question de dosage.

Si on y regarde de plus près, on comprend également que l’on puisse arriver au burn-out en dehors du cadre strictement professionnel, si les conditions sont réunies. Des parents perfectionnistes et dévoués à leur famille, confrontés à une situation complexe, avec des enfants demandant par exemple des prises en charge lourdes, peuvent faire un burn-out. Des élèves perfectionnistes, soumis à des stress répétés, vivant une pression importante sur leurs résultats scolaires, peuvent également sombrer dans le burn-out. Bref : tout le monde peut être touché !

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