« Ce qu’il te faut faire en premier lieu, c’est apprendre la joie » (Sénèque)

Apprendre la joie ? Pourquoi faudrait-il apprendre la joie ? N’est-ce pas l’émotion la plus naturelle qui soit ? Le plus petit enfant n’exprime-t-il pas spontanément sa joie ?

Une émotion que nous avons trop souvent désapprise

joie de bébé

La joie, une émotion primordiale à retrouver

Le plus petit enfant, sans doute … mais pour les adultes, c’est une autre histoire ! La joie est une émotion bruyante, une réaction psychologique et physique à une situation positive, qu’on apprend trop souvent à faire taire. On désire, on recherche les plaisirs, mais que devient la joie quand nous avons grandi ? Cette émotion dynamisante, cet enthousiasme, cette excitation face à une découverte, une réussite, une bonne surprise ?

Souvent, nous avons appris à la faire taire : il n’est pas séant pour une grande personne raisonnable de trop exprimer sa joie, d’être joyeux, même. Ou alors, seulement à certains moments, socialement définis … Il faut être sérieux, et être sérieux, dans l’imaginaire collectif, c’est gris et triste. Non ? Quant à être joyeux sur commande d’une situation, ça n’a pas grand-chose de gai. Combien craignent les fêtes de Noël et leur injonction à la joie, alors que tout leur dit, dans leur environnement, tout au long de l’année, qu’il n’y a pas de quoi se réjouir ?

Et si nous réapprenions la joie ?

Parmi les quatre émotions de base, la joie est la seule positive : les autres sont la tristesse, la peur et la colère. Et en y ajoutant la surprise (mauvaise comme bonne) et le dégoût, on peut comprendre qu’elle se sente cernée, notre amie la joie. Il va falloir lui donner des armes pour qu’elle nous aide à avoir une vision plus positive de la vie.

Bonne nouvelle cependant : en « entraînant » une émotion et en la laissant s’exprimer, en renforçant les circuits neuronaux qui sont liés à cette émotion, on peut lui donner le statut de sentiment, une certaine permanence, et faciliter l’accès à cette émotion devenue sentiment.

Mais comment s’y prendre ?

Commençons doucement …

  • Les trois bonheurs quotidiens : voilà un exercice très simple à réaliser. Chaque soir, avant d’aller vous coucher, vous allez noter dans un petit carnet trois moments de la journée qui vous ont apporté une émotion positive … il peut s’agir d’événements comme de moments fugaces. Souvent, surtout si on est dans une période de tristesse profonde (déprime passagère, ou dépression), il n’est pas facile de trouver ces moments au début. Mais au bout de quelques jours déjà, on devient plus attentif au positif qui nous environne, à la beauté du monde. Et on réamorce ainsi notre capacité à nous réjouir (bien sûr, ça vient en complément d’une prise en charge psychologique voire médicamenteuse si vous êtes en dépression). Mais trois bonheurs quotidiens ? Est-ce seulement possible ? Oui, en étant attentif aux plus petits d’entre eux … Dans l’heure qui précède le moment où j’écris, j’ai chanté une chanson que j’aime et qui me réjouit en voiture, discuté avec des personnes sympathiques, fait un câlin à mon fils. Chacun de ces moments est pour moi un moment de joie … dont je cherche à chaque fois à profiter pleinement. Rien d’extraordinaire, pourtant. Juste une question de prise de conscience et de regard sur le monde et sur la vie.
  • Réapprendre la joie par la relaxation et la méditation de pleine conscience : ce changement de regard, la relaxation, la méditation de pleine conscience peuvent vous y aider, en vous aidant à vous reconnecter à vos émotions et à l’ « ici et maintenant ». L’idée, c’est de ne pas attendre des événements extra-ordinaires pour se réjouir, mais de choisir de se réjouir au quotidien.

Mais ça sert à quoi, de se réjouir ?

D’abord, à augmenter notre capacité au bonheur. Mais ce n’est pas tout.

la joie aux commandes

Et si nous remettions la joie aux commandes ? (extrait de Vice versa, Pixar 2015)

La joie est dynamisante, et en cela est un moteur qui nous permet d’avancer dans la vie. Pour Nietzche, elle est indissolublement liée à la Volonté de puissance, à la volonté créatrice. Choisir la joie, ce n’est pas se réjouir béatement, mais porter un autre regard, positif et enthousiaste, sur la vie. Ce n’est pas nier la difficulté, mais l’accueillir et l’accepter pour mieux la dépasser.

Le petit enfant ne ressent pas de la joie uniquement devant le beau, la bonne surprise. Il la ressent aussi quand il réussit à faire tout seul, quand il se dépasse, quand il apprend. Et si vous retrouviez votre âme d’enfant, et si vous provoquiez la joie en vous donnant l’occasion de créer, de vous dépasser, d’apprendre encore, de vous réaliser ?

Enfin, se réjouir, c’est aussi répandre la joie autour de soi. Car si à l’âge adulte, vous hésiterez peut-être à laisser exploser bruyamment votre joie, vous pourrez au bénéfice de tous, le vôtre et celui des personnes qui vous fréquentent, la laisser rayonner. Car « ce qu’il fait à l’intérieur se voit à l’extérieur » (pardon …) et la joie qui rayonne est inspirante pour ceux qui en profitent !

 

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