Être aligné ? Congruent ? Késako ?

Parfois, vous entendez des gens vous dire qu’ils se sentent alignés, en congruence … Vous n’osez trop rien dire. Ils ont l’air heureux et bien dans leur baskets, alors c’est l’essentiel. Mais vous vous demandez tout de même de quoi ils parlent : être aligné avec quoi ? sur qui ? et la congruence, qu’est-ce que c’est que ce mot (qui n’a même pas l’intérêt de faire joli, il faut bien l’avouer …) ?

Alors, déjà, un premier point essentiel : si ces personnes sont bien dans leur peau, c’est justement parce qu’elles sont alignées. Pour tout dire, être aligné, c’est LE secret du bonheur et de la réussite.  Vous pouvez être dans la plus grande pauvreté, au milieu des malades, vieux et décrépit … si vous êtes aligné, ce n’est pas si grave.

Hum … Ca, j’ai du mal à y croire ! Et puis, c’est quoi, « être aligné » ?

Pour bien comprendre, il va nous falloir un peu de théorie, que je vais agrémenter d’exemples concrets et parlants (enfin, j’espère).

Chacun de nous a une identité profonde qui se définit par trois composantes essentielles :

  1. ses valeurs : vos valeurs, c’est ce qui compte pour vous. Parmi les valeurs importantes largement partagées, on peut citer la famille, la solidarité, la réussite, etc.
  2. ses croyances : ce qu’on croit (oui, c’est logique !), que ce soit vrai ou non.  On pense bien sûr d’abord aux croyances religieuses, spirituelles, mais il y en a bien d’autres. Par exemple,  vous pouvez croire que vous êtes doué pour vous faire de nouveaux amis, ou totalement incompétent en orthographe. Parmi ces croyances, certaines sont aidantes, et le coach n’y touchera pas, et d’autres sont limitantes, et le coach vous aidera à les remettre en question.
  3. ses besoins : nous avons tous quantité de besoins, des besoins physiologiques de base (manger, dormir, être protégé du froid ou de la chaleur …) aux besoins les plus élevés de la pyramide de Maslow (se réaliser), en passant par les besoins de contacts sociaux, etc. Le problème avec Maslow, c’est qu’il considère que l’on ne peut satisfaire un besoin que si les besoins des niveaux inférieurs sont satisfaits … Or, on a de nombreux exemples du contraire. Les besoins que l’on a sont largement influencés par nos valeurs et nos croyances, et la façon dont on les satisfait aussi.

Oui, mais ça ne me dit pas ce que c’est qu’ « être aligné », tout ça …

être aligné : de l'identité aux comportementsD’accord. Je continue, … Donc, revenons au numéro 1 : les valeurs. C’est ce qu’il y a de plus important. Imaginez que vos valeurs fondamentales soient la liberté, la solidarité, la famille. Si vous êtes commercial, avec une zone importante à couvrir (donc toujours sur la route, contraint à faire toujours plus de chiffre …), vos valeurs ne sont pas bien nourries : pas de temps pour la famille, peu de place pour la solidarité, liberté très limitée (vous avez votre tournée, des comptes réguliers à rendre à votre responsable, etc.). Votre environnement de travail a bien peu de chance de vous convenir également : pensez à ce collègue hypermotivé, et qui a tendance à vous irriter par sa manière d’être. Forcément, ses valeurs fortes sont très différentes des vôtres : la performance, la séduction, et la réussite professionnelle. Contrairement à lui, il vous est difficile de faire converger vos attitudes et vos comportements avec vos valeurs, et vos capacités, développées conformément à vos valeurs, ne sont guère utiles dans ce que vous faites.

OK, je commence à comprendre …

Autre exemple, aux antipodes, où on voit que la notion de besoin est toute relative. Prenez sœur Emmanuelle. Vous vous rappelez ce petit bout de femme, toujours souriante et enthousiaste ? Je suis sûre que oui ! Et vous vous rappelez que vous doutiez quand j’écrivais au début qu’on pouvait être heureux soeur_emmanuellemême avec les pires conditions de vie, entourée de malades, soi-même pauvre, vieille et décrépite ? Maintenant, pensez à Soeur Emmanuelle. Vous y êtes ?

D’après vous, quelles pouvaient être ses valeurs ?

Amour du prochain, solidarité, dévouement, respect de la personne humaine, … Très probablement.

Ses croyances ? Facile, vous me direz, elle croyait en Dieu. OK. Elle croyait aussi sans doute qu’elle pouvait faire la différence, elle devait penser que le changement passait d’abord par soi-même, elle croyait que tout être humain sauvé était une énorme victoire …

Ses besoins physiologiques et de sécurité n’étaient sans doute pas très bien comblés, ce qui ne l’a pas empêchée de combler ses besoins les plus élevés dans la pyramide de Maslow, notamment celui de réalisation de soi.

Son comportement était-il adapté à ses valeurs et ses croyances ? Bien sûr. Elle avait su aligner identité, valeurs, croyances et comportements. Tout ce qu’elle faisait, elle le faisait en plein accord avec celle qu’elle était au plus profond. Et l’environnement qu’elle s’était choisi était en pleine harmonie avec sa mission. Aurait-elle été plus heureuse dans une maison confortable d’une banlieue riche ? Sans doute pas ! Dans son bidonville du Caire, auprès des plus pauvres des pauvres, elle était congruente, alignée, heureuse.

Alors, quand je vous disais qu’être aligné était LE secret du bonheur ? Et la première clé pour atteindre cet objectif, c’est de bien connaître ses valeurs … Si vous avez bien conscience que vos valeurs sont la liberté, la solidarité et la famille, vous ferez vos choix professionnels en conséquence, vous éviterez d’être commercial par exemple (laissez cela à ceux qui se plaisent dans cette profession), et vous aurez de bonnes chances d’être enfin heureux !

 

 

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