Se réinventer avec le Personal Design Thinking

J’avoue avoir un goût prononcé pour la nouveauté, l’innovation … Je sais, ce n’est pas très original : on est au XXIe siècle, n’est-ce pas ? Chaque mois, chaque semaine amène son innovation, dans de nombreux domaines, … et beaucoup sont inutiles, pensez-vous probablement ! Effectivement, parfois, une idée qui semble géniale peut tomber à plat, ne pas trouver son public, en d’autres termes : faire un méchant flop. Mais d’autres, qui nous semblaient totalement inutiles au départ, ont totalement bouleversé nos vies, ont redessiné les contours de notre monde, ont fondamentalement modifié notre rapport au monde. Rappelez-vous la dernière fois où vous avez oublié votre smartphone chez vous …

Le problème, c’est que l’on a justement l’impression de subir les changements extérieurs, d’être perpétuellement sommés de suivre le mouvement. Et c’est vrai, aussi, d’être des vaches à lait destinées à consommer tous ces nouveaux produits. Et si on choisissait, nous aussi, d’être des innovateurs dans nos vies ? D’impulser notre propre changement ? Et si on hackait les techniques d’innovation des entreprises à notre propre profit ?

Le design thinking, qu’est ce que c’est?

Le design thinking est une méthode d’innovation née il y a une trentaine d’années de l’autre côté de l’Atlantique, et qui s’inspire des méthodes de travail des designers. Elle a été popularisée par l’agence IDEO de Palo Alto (pour les curieux anglophones, vous pouvez visionner un reportage vidéo retraçant l’invention d’un nouveau caddie de supermarché en 5 jours chrono).

Les objectifs de cette méthode ? Créer des produits désirables, faisables techniquement, et viables économiquement.

Et elle s’appuie sur quelques étapes successives, qui tiennent en quelques verbes :

  1. Observer : on se met à l’écoute, en empathie avec les différents utilisateurs des solutions existantes. On part du principe que les experts sont les personnes qui utilisent les produits au quotidien, qui interagissent avec eux. Si on veut redesigner une aire de jeux, on va observer les enfants et leurs parents, les écouter, et aussi interviewer les personnels chargés de l’entretien : ce sont eux qui savent !
  2. Définir les besoins : suite à cette séquence d’observation, on va s’efforcer de définir les problèmes et les besoins exprimés. A quoi servirait un produit qui ne répondrait à aucun besoin ????
  3. Imaginer : c’est le moment de rêver ! Dans cette phase, toutes les idées, même les plus folles, sont les bienvenues. Il ne faut surtout pas s’autocensurer, mais plutôt exprimer tout ce qui nous passe par la tête. Car chaque idée peut en faire naître une autre, ou la fertiliser.
  4. Prototyper : Puis on choisit quelques solutions, celles qui semblent pouvoir le mieux répondre aux besoins repérés, et on crée des prototypes.
  5. Tester : Et c’est le moment de retourner sur le terrain, pour mettre ses prototypes à l’épreuve des utilisateurs. Leurs retours permettent de valider (ou non) les solutions retenues, et d’y apporter des améliorations, avant une mise en production plus large.

L’intérêt de cette méthode ? Elle est « orientée client », et surtout, elle est rapide, « légère », et efficace. Elle permet d’innover sans prise de risque majeure.

Vivre sa vie en design thinking

design thinking vertical

Mais quel est le lien avec le coaching ? Adapté à la vie personnelle de chacun d’entre nous, la même approche permet de s’inventer, de se réinventer, d’améliorer sa vie sans tout remettre en question, en fonction de ses besoins, dans une démarche qui vise un futur désirable, faisable et viable. C’est une méthode particulièrement utile quand on se sent insatisfait sans savoir vraiment pourquoi, ni comment en sortir …

Et comment pratique-t-on le Personal Design Thinking ?

Tout d’abord, on prend le temps de s’observer,  de s’écouter : seul.e ou avec un.e coach, on fait un point sur sa vie actuelle, ses plaisirs, ses frustrations, ce qui nous fait vibrer, ce qui nous fait peur, ce qui nous ennuie, ses problèmes du quotidien … A partir de là, on définit ce qu’on veut garder, et quels sont ses besoins insatisfaits. Ce sera le problème à résoudre, déjà bien plus concret que « J’sais pas c’que j’ai … j’ m’ennuie dans cette vie. »

Puis, on laisse son cerveau imaginer toutes les façons de satisfaire ces besoins, y compris les plus fantaisistes, incroyables, inimaginables, même celles qu’on ne souhaiterait pas mettre en oeuvre d’ailleurs ; laisser vagabonder son imagination est assez réjouissant en soi, et permet même de libérer des endorphines (si si !). C’est aussi la base du processus créatif qui vous permettra de résoudre votre problème.

Vous verrez qu’assez vite, certaines idées s’imposeront d’elles-mêmes. Des idées qui satisferont aux critères de désirabilité, de faisabilité et de viabilité. Même si parfois, la faisabilité et la viabilité ne sont pas immédiatement données, les solutions que vous sélectionnerez seront en tout cas de l’ordre de l’envisageable.

C’est le moment de mettre en place un prototype, de tester ces idées. Ce n’est pas toujours simple, ni immédiatement réalisable, mais c’est rarement infaisable. Si ça ne l’est pas, c’est soit que la solution n’est pas la bonne (Partir sur Mars pour échapper à votre boss ? Vraiment ?), soit que vous avez besoin de prendre le temps de vous préparer un peu plus.

Dans le domaine de la reconversion professionnelle (qui me tient à coeur, vous le savez !), le prototypage peut être un stage court auprès d’un professionnel, comme en propose par exemple Viemonjob.

Reste ensuite à adopter la solution, ou à l’améliorer, ou encore à la laisser tomber et en tester une autre.

 

L’idée qui prime ici, c’est qu’être plus heureux n’est pas nécessairement affaire de changements majeurs. Révolutionner sa vie d’un coup n’est pas toujours couronné de succès ; la réformer en suivant la boussole de ses valeurs et de ses besoins convient mieux à  beaucoup de personnes : on peut progresser assez efficacement par petits pas, par petites touches …

 

 

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