Choisir et mener sa reconversion en 7 étapes

Si vous avez déjà envisagé de vous reconvertir, vous le savez : la reconversion, cela peut sembler une montagne à gravir. Et si beaucoup renoncent, c’est sans doute ce qui en est la première cause. Résultat : trop souvent, on attend d’être au pied du mur pour se lancer, et on n’est pas alors nécessairement dans les meilleures conditions. Pourtant, le trajet peut s’effectuer en plusieurs étapes, bien plus simples à appréhender l’une après l’autre. En sept étapes, par exemple.

1.      Analyser son envie de changer

Une envie de reconversion n’arrive pas par hasard. La première chose à faire quand on commence à penser à « faire autre chose », c’est se demander ce qui ne va pas actuellement, dans sa vie professionnelle. Qu’est-ce qui vous manque ? Qu’est-ce que vous ne supportez plus ? Le problème est-il lié à l‘entreprise où vous exercez, à votre poste, au milieu professionnel dans lequel vous évoluez, au cadre ? Ou bien êtes-vous dans un secteur bouché et à l’avenir trop incertain ?

De votre réponse, ou de vos réponses, dépend la suite de votre réflexion, car c’est ce problème que vous devrez résoudre en priorité, en choisissant en premier lieu, de vous reconvertir ou non. Peut-être changer d’entreprise, de région, ou encore faire le nécessaire pour évoluer professionnellement dans votre entreprise, sans bouleverser pour autant votre plan de carrière, sera-t-il la meilleure solution ?

En revanche, si les tâches qui vous incombent vous rebutent, si c’est le métier lui-même, ou ses conditions « naturelles » d’exercice qui ne vous conviennent pas (par exemple, un métier qui vous empêchera, où que vous l’exerciez, de passer le temps que vous jugez nécessaire avec votre famille), il est sans doute plus sain pour vous, votre équilibre et celui de vos proches, de changer de voie … et donc de passer à l’étape 2.

2.      Définir les valeurs qu’on souhaite nourrir

Le plus déstabilisant, le plus difficile à tenir sur la longueur, c’est agir en désaccord avec ses valeurs profondes. Voilà pourquoi la première chose à faire est d’apprendre à bien les connaître. Les valeurs, c’est ce qui compte vraiment pour vous : selon les personnes, les valeurs fortes peuvent être la famille, la réussite sociale, le pouvoir, la solidarité, la santé, le savoir, le respect, la sécurité … Or, vous passez en moyenne 41 heures par semaine à travailler. 41 heures chaque semaine en désaccord profond avec soi-même, c’est long, très long … Voilà pourquoi vous interroger sur vos valeurs est le premier pas à faire quand vous décidez de vous reconvertir.

3.      Identifier ses besoins, ses motivations, ses limites

De vos valeurs découlent vos motivations d’une part, et vos besoins d’autre part ; et de vos besoins découlent les limites que vous allez vous fixer. Il est essentiel de faire la liste de ce qui vous motive, de ce qui vous donnerait envie de vous lever le matin pour aller travailler, mais aussi de vos besoins personnels (en temps, en argent, en reconnaissance, …) et de définir aussi ce qui n’est pas envisageable, ce qui pourrait vous faire renoncer. Par exemple, pour certains, c’est travailler dehors, pour d’autres être enfermés dans un bureau, ou encore être confronté à la souffrance au jour le jour, devoir faire des tâches répétitives, subir une hiérarchie forte, travailler le dimanche, etc.

Être au clair avec ses besoins et ses limites permet d’affiner son choix de reconversion, et de ne pas s’engager dans une voie sans issue.

4.      Déterminer le métier qui vous convient

Maintenant que vous avez identifié ce qui comptait vraiment pour vous, ce dont vous aviez besoin et envie, ce qui pourrait vous rebuter dans un métier, il est temps de chercher … ce que vous pourriez bien faire ! Il existe des milliers de professions, qui s’exercent dans des milieux et des cadres très différents. Comment choisir parmi tous ces possibles ? Les spécialistes des ressources humaines, les professionnels de l’orientation, du bilan de compétences, peuvent vous proposer des tests qui sont généralement basés sur la typologie de Holland, dite RIASEC (réaliste, investigateur, artiste, social, entreprenant, conventionnel). De votre côté, pour défricher vos centres d’intérêts professionnels, vous pouvez faire la liste des activités qui vous attirent.

Le modèle RIASEC en quelques tâches

Réaliste : bouger, réaliser, fabriquer, manipuler, maîtriser des techniques …

Investigateur : découvrir, comprendre, analyser, approfondir, enquêter, apprendre, ….

Artiste : s’exprimer, concevoir, créer, imaginer, innover, …

Social : aider, partager, soigner, écouter, rencontrer, …

Entreprenant : décider, mener, motiver, prendre des risques, entreprendre …

Conventionnel : organiser, classer, trier, vérifier, faire respecter les règles, …

 

Si vous mettez en regard vos valeurs, vos besoins, motivations et limites, les types d’activités qui vous attirent, vous obtenez le portrait-robot du métier idéal. A quels métiers correspond-il ? Faites une liste de métiers « intéressants », correspondant autant que possible à ce portrait-robot. Si vous manquez d’idées, vous pouvez aller explorer Impala, les fiches métiers de l’ONISEP, ou encore le site Beau Travail qui recense des métiers méconnus qui recrutent.

Si vous avez un esprit entreprenant, vous pouvez aussi choisir de définir votre propre métier ! Encore plus que dans le cas plus classique évoqué précédemment, confronter ses idées avec une personne neutre et bienveillante est essentiel pour définir un projet viable.

5.      Explorer ses compétences

Bien sûr, quand on pense à se reconvertir, on espère en général ne pas avoir à reprendre ses études de zéro. C’est qu’on a des responsabilités, souvent un logement à payer, des enfants à élever … Bref : se reconvertir, oui, mais pas à n’importe quel prix. Pour affiner son choix de métier, et envisager la formation la plus efficace possible, il est indispensable de recenser ses compétences. Le bilan de compétences est un droit, mais vu qu’un bilan de compétences bien mené vous demande de faire ce travail, autant commencer en amont. Donc, vous pouvez commencer à lister :

  • Les compétences générales liées à votre formation (formation initiale, continue, voire en ligne avec les MOOC)
  • Vos compétences techniques spécifiques, liées spécifiquement à votre métier et à votre expérience professionnelle
  • Vos « soft skills », c’est-à-dire pour l’essentiel vos compétences relationnelles, de médiation, de leadership, etc.
  • Les compétences que vous avez pu acquérir dans vos loisirs, votre vie associative

Un professionnel du bilan de compétences ou un coach peuvent vous aider à approfondir ce point, et à affiner votre projet de reconversion ; tous les deux se doivent d’être neutres, bienveillants, et d’assurer la confidentialité de vos échanges.

6.      Étudier la faisabilité du projet, l’ajuster

Vous avez maintenant un tableau assez fidèle de vos compétences. Cela vous a peut-être permis d’affiner votre projet professionnel. Reste à étudier la faisabilité de ce projet :

  • Quel est l’état du marché de l’emploi dans cette branche ?
  • Quelles formations vous permettraient d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour être « employable » ou vous employer vous-même ?
  • Pouvez-vous faire jouer la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) ?
  • Quel temps allez-vous devoir dégager pour vous former ?
  • Quelles sommes d’argent allez-vous devoir engager ?
  • De quelles aides pouvez-vous bénéficier ? Que vous soyez salarié ou au chômage, vous pouvez bénéficier d’aides à la formation assez facilement accessibles. C’est plus difficile pour les indépendants et les fonctionnaires.

7.      Établir un plan d’action

Votre projet a bien pris forme. Il ne reste plus qu’à agir !

Dans un premier temps, présentez votre projet, précis et abouti, à votre entourage : son soutien est déterminant. Et vous l’obtiendrez plus facilement maintenant que vous savez où vous allez ! Un entourage déstabilisé et inquiet tend à réduire les chances de réussite, en faisant douter les candidats à la reconversion, en leur transmettant ses doutes et sa peur … Vous avez besoin de son soutien : dites-le.

Dans un second temps, prenez des contacts :

  • Avec les organismes de formation qui proposent des formations intéressantes : quels sont leurs tarifs, leurs conditions, les dates des formations, la reconnaissance dont ils disposent (une certification RNCP, un diplôme national …)
  • Avec les organismes susceptibles de financer votre formation, pour établir une demande chiffrée

Enfin, engagez-vous ! Inscrivez-vous à votre formation, réorganisez votre emploi du temps pour la mener à bien, et foncez !

Vous trouverez certains outils de diagnostic dans l’ebook gratuit « 10 stratégies pour ne plus subir sa situation professionnelle »

 

 

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