Errare humanum est … perseverare diabolicum ?

Encore ce très cher Sénèque ! « L’erreur est humaine, persévérer est diabolique ».

J’ai déjà parlé récemment de la valeur de l’erreur et de l’échec. Aujourd’hui, je voudrais parler de persévérance. Si vous lisez des blogs de développement personnel, vous lirez deux types d’affirmations qui semblent se contredire :

« La persévérance est le plus court chemin vers la réussite. »

« Rien ne sert de s’obstiner : faire toujours plus ce qui ne marche pas ne l’a jamais fait mieux marcher. »

Il semble évident qu’il faille distinguer la bonne persévérance de la mauvaise obstination. Mais comment s’y prendre ?

Persévérance VS obstination

Laurence Sterne, dans Tristram Shandy, écrivait : « Si la cause est bonne, c’est de la persévérance. Si la cause est mauvaise, c’est de l’obstination. »

Est-ce la cause, bonne (pour qui ?) ou mauvaise (pour qui ?) qui décide que l’on est dans la persévérance ou dans l’obstination ? Si l’objectif est le vôtre et que vous l’avez défini avec précision, et en accord avec vos valeurs et vos besoins, la cause est bonne, et il s’agira donc de persévérance … Mais est-ce le cas si, à force de multiplier les échecs dans la poursuite de votre objectif, vous finissez par ne plus croire en vous-même et par développer des croyances limitantes ? Persévérer dans ces conditions n’est plus un bienfait, et relève de l’obstination.

Ce n’est donc pas la justesse de la cause qui compte.

Revenons alors à notre cher Sénèque. L’erreur est humaine, mais persévérer dans l’erreur est diabolique. C’est donc la manière de persévérer qu’il faut plutôt remettre en question. Car il y a des objectifs qui nécessitent, c’est vrai, de la persévérance, et certaines destinations demandent des efforts à qui veut les atteindre. Si votre objectif personnel est d’arrêter de fumer, de retrouver la forme, ou d’atteindre l’arrivée d’un marathon, il faut vous attendre à rencontrer des difficultés et à mettre votre volonté à l’épreuve. La persévérance sera alors de mise. Mais si pour atteindre ces objectifs, vous mettez en place de mauvaises solutions, et que tentative après tentative, vous échouez dans votre entreprise, en répétant toujours les mêmes schémas, vous tombez alors dans l’obstination, et vous vous faites du mal. On est même en droit, alors, de se demander si vous n’êtes pas en pleine entreprise d’auto-sabotage.

Ainsi donc, la persévérance n’est pas celle des moyens, mais celle du but.

Que nous dit Sénèque, finalement ? Que l’échec révèle notre humanité, mais qu’il demande d’être pris en compte et corrigé. Qu’il ne faut surtout pas se reposer sur l’acceptation de notre propre échec, ni le considérer comme une fatalité.

Certes, il faut persévérer, mais dans la volonté d’atteindre sa destination, son objectif, et de mettre en place les actions les plus en adéquation possible avec celui-ci, sa propre personnalité, et les circonstances.

 Quand changer de plan d’action ?

Quels sont les indices qui nous disent qu’il faut cesser de s’obstiner, et trouver un autre chemin pour atteindre son objectif ?

  • Les efforts que l’on fournit n’amènent pas de progrès. On patine.
  • Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, on retombe toujours sur les mêmes écueils.
  • À force d’échecs, on développe des croyances limitantes.
  • Notre confiance en soi est entamée, notre estime de soi en pâtit.

Quand ce type de constat est posé, la tentation est grande de baisser les bras. C’est alors qu’il est urgent de persévérer … dans sa recherche de chemins de traverse, et de réévaluer son plan d’action : que faire mieux ? que faire différemment ? quelle autre solution mériterait d’être tentée ?

Et avant de passer à autre chose

Et puis, il ne faut pas oublier de tirer le bilan de ses tentatives infructueuses :

  • En quoi cette erreur est-elle une erreur ?
  • Que m’a-t-elle appris ?
  • Que peut-elle m’apporter ?

 

N’oubliez pas : Thomas Edison, avant d’inventer l’ampoule électrique, a trouvé 10.000 solutions qui ne marchaient pas ! 10.000 solutions différentes, bien sûr.

 

 

 

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