Cessons d’être perfectionnistes, choisissons l’optimalisme !

Disons-le clairement : le perfectionnisme est une plaie pour celui ou celle qui en souffre ! Le perfectionniste heureux n’existe pas et ne peut exister. Oui : être parfaitement heureux est un oxymore[1]. Si l’on veut être heureux, il faut se résoudre à n’être pas parfait. Et si vous êtes perfectionniste, vous commencez à paniquer : renoncer à la perfection, n’est-ce pas une pente savonneuse qui mène au grand n’importe quoi ? Heureusement, non ! Il suffit de devenir optimaliste …

Mieux connaître les méfaits du perfectionnisme

Pour un perfectionniste, la vie est simple : soit on réussit parfaitement, soit on échoue complètement. Il n’y a pas de demi-mesure. D’ailleurs, en général, les perfectionnistes ont tendance à avoir une vision binaire et très contrastée des choses, des gens, et d’eux-mêmes. Or, s’ils visent « la perfection ou rien », ils ne la trouvent jamais, car ils sont portés à voir d’abord, dans une réalisation, ce qui n’est pas parfait, ce qu’ils auraient pu faire mieux … Ainsi, ils ont le choix entre trois écueils différents mais tous aussi désolants :

  • La frustration permanente de ne jamais atteindre son but, et la baisse d’estime de soi, voire la dépression
  • L’épuisement dans une quête perpétuelle de perfection ; épuisement qui peut mener, par exemple, au burn-out.
  • L’abandon : à quoi bon essayer, puisqu’on est condamné à échouer ?

Le problème essentiel du perfectionniste est en fait qu’il refuse de prendre en compte la réalité. Pour lui, l’échec n’est pas envisageable, et il refuse tout autant d’accepter les contraintes externes ou internes, que les émotions douloureuses. Cela influe nécessairement sur ses comportements : il finit généralement par s’épuiser physiquement et moralement, ou par ne plus se fixer que des objectifs qu’il est certain d’atteindre, et donc par rester confiné dans sa zone de confort. Ce qui est synonyme d’ennui, de stagnation.

Comment sortir du perfectionnisme ?

...tant qu'on apprend de ses échecs, bien sûr !

…tant qu’on apprend de ses échecs, bien sûr !

La première pensée du perfectionniste qu’on encourage à sortir du perfectionnisme est généralement « Faut-il renoncer à toute ambition ? Se complaire dans la médiocrité ? » (ce qui est logique, puisque dans sa logique, on est parfait ou médiocre). Pourtant, l’expérience montre qu’on monte généralement plus haut, et en en retirant plus de satisfaction, en laissant ses rêves de perfection au vestiaire.

L’optimaliste, lui, va essayer de tirer le meilleur parti possible de ses capacités et des circonstances. Contrairement au perfectionniste, il accepte le monde tel qu’il est.

  • L’optimaliste considère que les difficultés et l’échec font partie du processus qui mène à la réussite. Ainsi, il est capable de persévérer quand les choses ne vont pas comme il le souhaite.
  • Il s’enrichit de ses erreurs, et en tire les leçons.
  • Il accepte la critique constructive.
  • Il sait qu’on ne savoure le bonheur qu’en acceptant aussi les émotions désagréables, voire douloureuses.
  • Il accepte d’être surpris par le monde, par les autres et par soi-même, et a ainsi l’occasion de s’émerveiller.
  • Il considère que le chemin compte autant que la destination. Et il sait que le plaisir tiré d’un succès est bien plus éphémère que celui lié au trajet.

Comment devenir optimaliste quand on a toujours été perfectionniste ?

Je ne mentirai pas : ce n’est pas si facile, et on n’y arrive pas toujours du premier coup ! Toutefois, c’est possible, non pas en travaillant sur ses croyances, mais sur ses comportements. On apprend à être optimaliste en le devenant. Comment s’y prendre ?

  1. Changer de vocabulaire

Commencez par supprimer le mot parfait, ses dérivés (perfection, parfaitement …) et ses synonymes (impeccable, irréprochable, infaillible, idéal …) de votre vocabulaire. Demandez à votre entourage de vous signaler chaque fois que vous les utilisez, et reformulez à voix haute la phrase que vous veniez de prononcer, en supprimant ces mots. Préférez les mots « bien », « satisfaisant », …

  1. Se rappeler la loi de Pareto, ou loi des 80/20

La loi de Pareto (du nom de l’économiste italien qui l’a mise en évidence), dit que 20% des moyens engagés produisent 80% des résultats souhaités. Par exemple, quand vous avez une tâche à réaliser, vous pouvez la faire bien en 30 minutes, ou « parfaitement » en 2h30. Et 80% des gens ne verront pas la différence ; et sur les 20% qui restent, une immense majorité sera tout à fait satisfaite avec un travail bien fait (les autres sont des perfectionnistes qui, on vient de le voir, gagneraient sans doute à lâcher du lest !).

Ne cherchez pas à être parfait, bien sûr, mais à progresser : réduisez progressivement la part du travail non nécessaire à l’obtention d’un résultat satisfaisant.

  1. Oser

À force de perfectionnisme, il est très courant qu’on n’ose plus sortir de sa zone de confort, celle où on maîtrise tous les paramètres et où on est certain de réussir. Si c’est votre cas, obligez-vous à essayer quelque chose de nouveau, qui vous fait envie, mais que vous avez toujours hésité à tenter, par peur d’échouer. Donnez-vous la chance de réussir en faisant les choses ! Comportez-vous en optimaliste, même si ça vous demande un effort sur vous-même, et persévérez. Vous irez toujours plus loin ainsi qu’en restant immobile J

  1. Apprendre à se fixer des objectifs raisonnables

Un objectif trop ambitieux mène invariablement à l’échec, un objectif qui ne l’est pas suffisamment mène à l’ennui et à la stagnation. Il faut donc apprendre à se fixer des objectifs raisonnables, qui vous demanderont certes un effort, mais que vous pourrez atteindre. Ce n’est pas toujours simple. On peut considérer qu’un objectif qu’on a 50% de chances d’atteindre est un bon objectif. Dans tous les cas, il vous permettra de progresser et d’avancer. Et à l’essai suivant, les chances de réussite, sur le même objectif, en seront augmentées.

L’optimaliste ne considère pas qu’il doive réussir du premier coup, et accepte les sentiers accidentés. Il n’existe pas d’autoroute qui mène au sommet !

 

Et vous ? Êtes-vous perfectionniste ? Et si vous l’avez été, comment vous en êtes vous sorti-e ?

 

Et pour en savoir davantage sur l’optimalisme, vous pouvez vous reporter à l’ouvrage de Tal Ben-Shahar, L’Apprentissage de l’imperfection.

 

[1] Alliance de mots ayant un sens contraire, comme une sombre clarté par exemple.

 

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