L’extraordinaire pouvoir du « faire semblant »

Quand il s’agit de changer d’attitude, de gagner de la confiance en soi, les anglo-saxons disent facilement « Fake it until you make it » qu’on pourrait traduire en « fais semblant jusqu’à ce que tu y arrives ». Cela sonne mieux en anglais, c’est certain. Mais ce n’est pas la seule raison du succès de ce conseil. Car le « faire semblant », le « faire comme si », ça fonctionne, plusieurs études scientifiques l’ont démontré.

Quelques exemples concrets

Développer sa confiance en soi

Vous manquez de confiance en vous ? Vous ne parvenez pas à vous affirmer ? Prenez une posture de puissance : pieds bien ancrés dans le sol, tête haute, buste en avant, mains sur les hanches … Tenez cette posture pendant deux minutes. Votre cortisol (hormone du stress) baissera, votre testostérone (hormone de la confiance) augmentera. Pas de panique, mesdames, vous n’allez pas vous transformer en homme pour autant ! Mais prendre l’habitude de travailler sa posture en se donnant cette allure sûre de soi donne réellement confiance en soi. D’autant que la perception des autres en est modifiée, à votre avantage : vous vous sentez et vous paraissez plus dynamique, plus compétent·e, moins timide

Augmenter ses performances

Voici une expérience de psychologie étonnante : on a confronté trois groupes aux mêmes tâches. Un groupe portait des blouses blanches de laboratoire, un autre groupe les mêmes blouses, présentées comme des blouses d’artistes-peintres, et le troisième groupe ne portait aucune blouse. Les tâches demandées exigeaient de la précision et de l’observation (mais aucune compétence particulière). Et le groupe qui a significativement mieux réussi était le groupe qui portait des blouses de laboratoire.

Alors, si l’habit ne fait toujours pas le moine, il peut sans doute aider un moine à entrer dans son rôle avec plus de conviction ! En termes pragmatiques, cela signifie que même si vous travaillez de chez vous, vous avez tout intérêt à vous habiller de pied en cap comme si vous étiez au bureau pour être plus efficace, et à vous habillez comme un cadre ou un cadre supérieur si vous voulez évoluer professionnellement !

Prendre les choses avec le sourire

Encore des sourires ..

Un sourire, même forcé et faux, peut vous aider à prendre les choses avec davantage d’optimisme et de recul et à mieux gérer les petits stress du quotidien. C’est ce qu’a montré une autre étude, qui mettait des étudiants face à des tâches stressantes, après leur avoir appris à maintenir une expression neutre / souriante / très souriante sans ressentir de joie particulière. La mesure des réactions aux stress se faisait par une mesure du rythme cardiaque. Les étudiants du groupe qui feignait un grand sourire gérait mieux le stress que ceux qui souriaient simplement, et beaucoup mieux que le troisième groupe, qui avait pris une expression neutre. Et ils se sentaient moins stressés.

Bref, dans le bouchons, souriez !

Combattre la dépression en musique

Quand on est déprimé, voire dépressif, on n’a pas forcément envie de se trémousser sur une musique joyeuse. « Non, non, non, non, je ne veux pas prendre l’air, … je veux juste aller mal et y a pas d’mal à ça, traîner manger que dalle, écouter Barbara … » (Camélia Jordana) Et pourtant, même si on n’en a pas envie, écouter Pharrell Williams est bien plus efficace qu’écouter Barbara, si on a envie de retrouver la joie de vivre !

En cadeau, une playlist « feel good » presque scientifique pour vous booster le moral !

 

Comment ça fonctionne ?

Tout d’abord, faire semblant, c’est toujours faire. En faisant semblant, on expérimente une nouvelle attitude, une nouvelle posture, de nouvelles façons d’aborder les choses, les gens, le monde. C’est aussi les ressentir différemment. Enfin, c’est apprendre en faisant, en remplaçant un comportement qui ne nous satisfait pas par un comportement cible.

Mais faire semblant, c’est aussi donner une autre image de soi, et donc changer le regard des autres sur soi. Or, comme nous sommes des êtres sociables, ce regard est essentiel dans l’image qu’on se fait de nous-mêmes. Et quand les autres nous voient différemment, ils agissent aussi différemment avec nous.

Ainsi, il est souvent plus fructueux de changer sa manière d’être et de faire pour changer sa perception de soi, plutôt qu’attendre de changer de représentations mentales pour changer d’attitude.

C’est d’ailleurs ainsi que procèdent, dans un certain nombre de troubles psychiques (phobies, etc.), les thérapeutes cognitivistes-comportementalistes, avec des succès rapides.

Attention tout de même !

Ces techniques sont vraiment efficaces, quand l’objectif défini est le sien, et conforme à ses valeurs. Mais si vous ne vous sentez pas aligné·e avec l’objectif, elles peuvent vous nuire. Ainsi, se forcer à sourire parce qu’on sait que c’est bon pour soi, c’est tout à fait bien. Mais se forcer à sourire parce que c’est ce que votre supérieur vous demande, tout en vous demandant d’aller à l’encontre de vos valeurs, ce n’est pas une solution viable à long terme …

 

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