Coaching et haut potentiel intellectuel, le duo gagnant

Depuis que je coache des adultes comme des adolescents, j’ai eu l’occasion – que dis-je, le bonheur – de coacher de nombreuses personnes dites à haut potentiel intellectuel. Certains disent aussi « surdoués », « zèbres », « adultes intellectuellement précoces » (ce qui est un peu étrange, mais soit …), « doués », « encombrés de surefficience intellectuelle »… En bref et pour faire simple, les 2% de la population qui ont un Q.I. (quotient intellectuel) dit « très supérieur », au-delà de 130 – et quelques autres dont le QI n’est pas calculable, mais qui ont un fonctionnement de HPI. Derrière chaque appellation, des présupposés, des représentations, des vécus différents aussi.

Le Haut Potentiel Intellectuel, entre chance et fardeau

Pour ma part, j’ai choisi de parler de « haut potentiel intellectuel », qui me semble le plus honnête et le plus juste : chacune de ces personnes dispose d’un cerveau très efficient, qui lui permettra, si elle le souhaite et si les conditions sont réunies (ce qui ne dépend pas que des autres !), d’apprendre, de comprendre, de prendre des décisions, … plus vite et plus efficacement que la moyenne de ses contemporains. Le propre d’un potentiel, c’est qu’il est présent, qu’il ne demande qu’à s’exprimer, qu’à se réaliser. Et le rôle du coach, c’est justement d’aider son client à réaliser son potentiel pour atteindre ses objectifs.

Parmi les spécificités des HPI, une capacité de réflexion, une créativité, une curiosité particulièrement développées. Mais aussi, souvent, des difficultés à s’adapter à un monde qui n’est pas pensé pour eux, et à créer des relations harmonieuses avec leur environnement social et professionnel. Beaucoup, contrairement aux idées de reçues, ont été mis en échec par l’école, car sortir du moule n’y est pas considéré comme une qualité, et c’était encore plus vrai il y a quelques décennies qu’aujourd’hui. D’autre rencontrent des difficultés dans leur vie professionnelle, car là encore, ils peuvent déstabiliser, intriguer, et déplaire par leur différence même. Cet article du Monde reprend quelques témoignages d’adultes à haut potentiel intellectuel qui doivent ou ont dû faire face à ces différents défis.

Les personnes à HPI sont avant tout des personnes … et ont les mêmes problèmes que les autres

Ainsi, les personnes à HPI n’ont pas une vie plus simple que les autres, et leur cerveau peut s’avérer à certains moments plus encombrant qu’aidant. Et non contents d’avoir des problèmes de HPI,  ceux-ci rencontrent souvent les mêmes difficultés que les personnes douées d’une intelligence normale ou supérieure. Ainsi, j’ai eu l’occasion de coacher des personnes à HPI qui :

  • cherchaient à se reconvertir professionnellement,
  • voulaient améliorer leurs relations avec leurs équipes,
  • souhaitaient trouver une solution à leur mal-être professionnel,
  • étaient déterminées à rebondir après un échec personnel ou professionnel,
  • voulaient gagner en estime de soi,
  • cherchaient à mieux équilibrer leur vie professionnelle et leur vie privée,
  • vivaient une crise de la quarantaine qui les poussait à remettre de nombreux aspects de leur vie en question (mariage, vie professionnelle), et demandaient à être accompagnées dans leurs prises de décisions
  • sortaient d’un burn-out et cherchaient à redéfinir leur mode de vie pour ne pas replonger …

    Le zèbre, animal totem des HPI

    Le zèbre, animal totem choisi par certains HPI : unique, non domesticable, équipé pour passer inaperçu, il n’apprécie rien tant que la présence des autres zèbres.

Des problématiques assez classiques en coaching, mais qui seront traitées un peu différemment avec des personnes à HPI. Le coach doit être averti, et ne pas se laisser déstabiliser par la rapidité de la pensée de son client, ses associations d’idées, sa pensée dite « en arborescence », et être capable de laisser cette liberté à son client, tout en le recadrant quand c’est nécessaire. Il doit aussi savoir et admettre que le HPI est souvent un hypersensible émotionnel et/ou sensoriel, et comprendre les réactions liées à ces hypersensibilités. Plus souvent qu’avec les non-HPI, il devra aussi aider à décrypter les règles implicites de la vie en société et les réactions des pairs. Car l’incompréhension n’est pas à sens unique entre HPI et non-HPI !

Des problématiques spécifiques

Enfin, le haut potentiel intellectuel est aussi souvent vécu comme source de problèmes en lui-même… Voici une petite sélection de situations typiques dans lesquelles les HPI peuvent bénéficier d’un coaching :

  • J’ai 30, 40, 50 … ans et je viens de découvrir que je suis HPI : et maintenant, qu’est-ce que je fais de cette information ?
  • On me dit que je suis HPI, mais ce n’est pas possible… Je me sens comme un imposteur.
  • J’ai un million d’envies différentes : comment je fais le tri ? comment vivre une vie professionnelle épanouissante quand on est multipotentiel ?

Le coaching, une bonne solution pour les HPI

Le coaching va dans le sens de la plupart des personnes à HPI, qui aiment être responsabilisées, et préfèrent un accompagnement qui leur permet d’être rapidement autonomes. Elles apprennent et comprennent vite, et le rythme d’un coaching leur convient souvent mieux que celui d’une psychothérapie, quand les deux approches sont en concurrence, pour des soucis d’estime de soi, de confiance en soi par exemple.

De plus, si son client fait face à un passé souvent difficile lié à un potentiel non reconnu, mal compris de l’entourage et de soi-même, vécu comme un fardeau ou une « anormalité », le coach ne va pas s’éterniser dessus, mais plutôt l’inciter à se créer un avenir plus satisfaisant, en s’appuyant sur sa « douance » qui deviendra alors une force, un atout, que le client apprendra à utiliser à bon escient, pour son propre épanouissement.

Bien sûr, et ce conseil est valable pour le choix de n’importe quel professionnel de la relation d’aide, les HPI auront tout intérêt à faire appel à un-e professionnel-le elle-même HPI. L’expérience montre que le contact, puis la relation, s’établissent mieux, plus rapidement et efficacement quand l’accompagnant-e suit facilement le rythme et les détours de pensée du client, pour qui la ligne droite n’est pas nécessairement le chemin le plus rapide pour aller d’un point à l’autre !

 

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