L’art de désamorcer les conflits

Vous en avez assez de perdre du temps et de l’énergie dans des chamailleries et des conflits qui se répètent plus ou moins sur le même ton, avec les mêmes personnes, et finissent pas vous miner ? Vous voudriez être capable d’en sortir, mais vous vous sentez piégé, pris dedans « à l’insu de votre plein gré » ? Vous vous débattez sans doute avec des jeux psychologiques… ce qui nous concerne tous à des degrés divers. Mais heureusement, il est possible de maîtriser cela dans votre vie. Voyons comment.

Des jeux dangereux

La première chose à faire est d’en prendre conscience. Qu’est-ce qu’un jeu psychologique ? Selon la définition d’Eric Berne, inventeur de l’Analyse Transactionnelle, ces « jeux » sont des répétitions de transactions cachées, mis en place de manière inconsciente et involontaire par les protagonistes, et qui débouchent sur un sentiment de malaise. Ils sont déclenchés par une attaque implicite sur un point faible de son interlocuteur, qui par une attitude instinctive de défense va s’efforcer de renverser la situation … on entre alors dans un cercle vicieux, qui débouche sur des sentiments inefficaces des deux côtés.

Un jeu bien connu : le triangle de Karpman

Le jeu psychologique le plus connu est sans doute le triangle de Karpman. Celui-ci met en jeu les trois attitudes présentes dans les jeux psychologiques : le Persécuteur, la Victime et le Sauveur. Une même personne, dans le triangle de Karpman, peut successivement prendre ces trois attitudes. Un petit exemple …

A (gémissant) : Mais il ne se rend pas compte ! Me donner ce dossier maintenant, pour après-demain … Je n’y arriverai jamais … [VICTIME]

B : Je peux te donner un coup de main, si tu veux ! [SAUVEUR]

A : « Je peux te donner un coup de main si tu veux » … Bien sûr, tu te crois toujours plus fort que tout le monde, toi ! [PERSECUTEUR]

B : Mais ! Tu es injuste… je voulais juste t’aider ! [VICTIME] Pas étonnant que tu te retrouves toujours tout seul, tu es insupportable ! [PERSECUTEUR]

Comment fonctionne le traingle de Karpman

Quelques autres jeux psychologiques

Le triangle de Karpman n’est pas le seul jeu psychologique… Il en existe une trentaine, qui peuvent être lancés à partir des positions de Persécuteur, de Victime comme de Sauveur. En voici quelques exemples parlants :

Phrases et attitudes-types

Jeux du persécuteur « Oui mais … »
« Le mien est mieux que le tien »
Attaque sur les défauts
Jeux de la victime « Ce n’est pas moi, c’est lui … »
« Avec tout ce que je fais pour toi … »
Gémissements et plaintes
Jeux du sauveur « C’est bien parce que c’est vous… »
« J’ai la solution »
« Je serai toujours là pour vous »

Choisir son attitude

Pour bien comprendre la suite, un petit rappel sur les états du Moi s’impose.

Les états du Moi correspondent aux attitudes que nous adoptons naturellement dans notre rapport au monde. Il en existe trois grands types, que nous portons tous en nous :

  • Le Parent, qui porte les normes, les règles mais se montre aussi protecteur
  • L’Adulte, calme, objectif, raisonnable
  • L’Enfant, qui porte nos émotions, nos illusions, nos rêves, notre capacité d’émerveillement

Le Parent et l’Enfant peuvent être dans un registre positif ou négatif. Le Persécuteur et le Sauveur correspondent à un état du Moi Parent négatif, la Victime est un état du Moi Enfant négatif.

Dans les jeux psychologiques, notre état du Moi Adulte est évincé par le Parent et l’Enfant.

Une solution simple : se mettre en posture Adulte

Quand on se trouve dans un jeu psychologique, la solution la plus simple consiste à en sortir en « se comportant en adulte ». Attention ! Il ne s’agit pas de dire aux autres de le faire (« Comporte-toi en adulte ! » est une réplique de Persécuteur !), mais bien de prendre sur soi de résister à ses instincts. Car un jeu ne fonctionne que lorsque tout le monde accepte d’y jouer !

Prendre une posture d’adulte, ça peut être passer en mode CNV (Communication Non Violente), ou simplement revenir au problème initial avec une approche constructive. Si on en revient au problème de A et B :

A (gémissant) : Mais il ne se rend pas compte ! Me donner ce dossier maintenant, pour après-demain … Je n’y arriverai jamais … [VICTIME]

B : Est-ce que tu lui as expliqué le problème ? Si ce dossier est urgent, peut-être est-il possible de mettre un autre dossier en stand-by ou de mettre une deuxième personne dessus ? [ADULTE]

Parfois, l’autre joueur peut essayer de vous ramener dans le jeu. Il faut savoir être ferme, persévérant pour ne pas se laisser tenter. Mais vous avez tout à y gagner.

Favoriser les états du Moi positifs

Quand on est à l’aise avec les principes de l’Analyse Transactionnelle, on peut aussi choisir de favoriser le versant positif des états du Moi Parent et Enfant, sans se cantonner, donc, à un comportement « adulte ».

Négatif Positif
Parent Persécuteur

Juge, accuse, humilie …

Sauveur

Garde en position d’infériorité, favorise la passivité…

Normatif

Protège et transmet des valeurs, un cadre…

Donnant

Soutient sans étouffer, autorise, accompagne les efforts…

Adulte
Enfant Soumis

Passif, veut plaire, a peur d’être puni

→ Victime

Rebelle

Se révolte, refuse l’autorité (voire la réalité), cherche la confrontation

Adapté

Accepte et respecte les règles, agit dans leur cadre

Libre

Est créatif, indépendant, spontané

 

Maintenant, vous savez… Il n’y a plus qu’à ! Avec un peu d’entraînement et de persévérance, cela sera de plus en plus facile.

 

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