Comment être empathique sans se laisser submerger ?

Nous l’avons déjà évoqué dans un précédent article sur l’empathie : certain⋅e⋅s tendent à entrer en sympathie avec la souffrance des autres, et à se laisser submerger par elle. Dès lors, l’empathie est vécue comme une malédiction, et non plus comme un atout extraordinaire pour vivre avec son prochain en harmonie. Ce qui est bien dommage … Comment donc tenir à distance sa tendance à la contagion émotionnelle, et développer une belle et bonne empathie ?

J’entre en sympathie avec autrui …  J’ai de l’empathie envers autrui …
Je risque :

  • de souffrir
  • de mettre ma santé mentale et physique en danger (burnout)
  • de ne plus pouvoir aider autrui, voire de le faire souffrir
  • de me replier sur moi
Je peux :

  • développer des émotions positives
  • créer des relations saines et fructueuses
  • être aidant⋅e, utile
  • en retirer des bénéfices en termes de santé mentale et physique
  • aller vers l’autre sans crainte

 

Être attentionné⋅e envers soi-même

Vous êtes en avion, la cabine subit une dépressurisation … Devez-vous d’abord vous occuper de votre voisin, ou mettre votre masque à oxygène ? Ne craignez pas de passer pour un⋅e égoïste : occupez-vous d’abord de vous, mettez un masque à oxygène, et ensuite, vous pourrez être efficace en aidant votre voisin. Privé⋅e d’oxygène, vous ne lui serez pas d’un grand secours !

Il en va de même au quotidien : si vous ne vous occupez pas de vous, si vous ne faites pas preuve de bienveillance envers vous-même, d’écoute, de respect envers vos propres sentiments, vous allez vite vous épuiser, et vous ne pourrez plus être d’aucune aide à ceux qui souffrent autour de vous.

Ainsi donc, quand vous sentez les émotions des autres vous envahir, cela signifie qu’il est temps de :

  • faire une pause
  • respirer
  • identifier vos émotions
  • définir vos besoins non respectés
  • répondre à ces besoins
  • vous intéresser de nouveau à l’autre

Aller vers les autres

Il est prouvé, par ailleurs, que la solitude, l’isolement, favorisent la contagion émotionnelle. Pour pouvoir aider des personnes dans la souffrance, il est important, par ailleurs, de nourrir des relations chargées d’émotions positives (joie, écoute, soutien …) et apaisantes. Si vous pratiquez un métier qui comporte une relation d’aide, de soutien, il est essentiel d’avoir un lieu pour partager vos expériences et les émotions ressenties. Cela peut être dans des groupes de parole organisés ou non avec des collègues, ou auprès d’un superviseur.

Verbaliser ses sentiments

Mettre des mots sur ses émotions et ses sentiments est donc une étape essentielle de leur gestion. Pour cela, la Communication Non Violente est un outil précieux. Une étude américaine a montré qu’au bout de 3 mois de pratique dans des groupes de parole, on gérait significativement mieux les stresseurs en milieu hospitalier. Si on n’a pas de groupe de parole, et qu’on ne peut en mettre un en place, on doit toujours chercher à se confier à un proche ou un collègue de confiance. Et si c’est encore impossible, on peut se « débriefer » soi-même, en couchant par écrit ses expériences et émotions désagréables, sans filtre.

Prendre du recul

Il est aussi important de savoir prendre du recul sur les situations auxquelles on est confronté⋅e⋅s. Pour cela, on peut adopter un script de réflexion, qui deviendra progressivement automatique :

  • Qu’est-ce qui m’a fait réagir ?
  • Qu’est-ce que je pense ? Qu’est-ce que j’imagine au sujet de cette situation ?
  • Quelle émotion, quel sentiment cela provoque-t-il en moi ?
  • Qu’est-ce qui me fait penser que j’interprète bien la situation ?
  • En quoi cette interprétation pourrait-elle être erronée ou incomplète ?
  • Y a-t-il une autre manière d’appréhender la situation ? laquelle ?
  • En prenant tout cela en compte, qu’est-ce que je pourrais choisir de faire ici et maintenant ?

Vous le voyez, il est question de passer des émotions à l’action, en passant par la pensée. Ne plus subir, mais choisir d’agir.

Pratiquer la méditation compassionnelle

Dernier outil d’intérêt, la méditation de pleine conscience permet de développer une empathie apaisée, en observant ses émotions, en se visualisant comme bien distinct de l’autre, et en s’entraînant à exprimer son intérêt pour autrui, un autrui de plus en plus lointain, selon un cercle qui s’élargit progressivement de soi vers les proches, puis les connaissances, et les inconnus.

… et aider les autres

Si vous réussissez à garder ce nécessaire recul, vous pourrez alors aider les autres, vraiment, de manière efficace et durable. Et n’oubliez pas que lorsque vous aidez les autres, vous vous aidez aussi vous-même ; car aider autrui améliore nettement la qualité de vie, la santé de ceux et celles qui donnent, autant que celle de ceux et celles qui reçoivent !

Et vous, avez-vous des astuces pour éviter de vous laisser submerger par les émotions des autres ?

 

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