Et si on arrêtait de penser à la place des autres ?

« Qu’est-ce qu’ils vont penser ? », « elle doit penser que je suis égoïste », « il va être fâché si je fais ça », « ils disent ça, mais en fait, ils doivent penser le contraire » … Voilà ce qui vous passe par l’esprit avant de dire quelque chose ou de prendre une décision ? Vous avez peut-être l’impression de « vous faire des nœuds au cerveau » à toujours vous demander comment les autres vont réagir et ce qu’ils vont penser de vous ? Et si vous arrêtiez de penser à leur place ?

Pourquoi penser à la place des autres est-il néfaste ?

Vous pouvez penser qu’il est important de réfléchir, avant d’agir, aux conséquences de ses actes. Vous avez raison. Vous pouvez aussi penser que l’homme est un animal social, et qu’il ne peut pas faire comme s’il était seul sur terre, sans se préoccuper des autres. Vous avez encore raison. Mais votre éducation vous a sans doute fait intégrer suffisamment de normes sociales pour vous empêcher, de toute façon, de nuire réellement, et volontairement, à autrui. Si vous lisez cet article, ça ne fait pas de doute, en tout cas !

C’est quand penser à la place des autres vous empêche de vous épanouir durablement que cette habitude est néfaste, à la fois pour vous et pour votre entourage. Pourquoi ?

D’abord, parce que lorsqu’on pense à la place de sa famille, de ses amis ou de ses collègues, c’est le plus souvent pour se mettre des freins. On envisage généralement, en premier lieu, les jugements négatifs sur ce qu’on pourrait exprimer de personnel, ou sur une action qu’on aimerait mener. Cela nous amène à nous censurer, cela nous empêche de nous laisser la chance de réussir, et d’être nous-mêmes.

Ensuite, parce que ces chances perdues, ces censures répétées s’accumulent en ressentiment. On s’en veut, et on en veut aux autres. Le risque, à terme, est que ce ressentiment n’explose en colère. C’est ainsi qu’on voit des personnes, qu’on pensait calmes, douces, toujours dévouées aux autres … exploser un jour, « sans prévenir », pour une goutte d’eau qui a fait déborder le vase qui réceptionnait depuis des années leurs envies et pensées réprimées.

Aussi parce qu’à force de faire des efforts pour plaire aux autres, on peut finir par oublier totalement ce qui nous ferait plaisir à nous. Et lorsque les autres, pour une raison ou une autre, ne sont plus là, le sentiment de vide existentiel peut prendre toute la place.

Ou bien, on risque de le leur faire payer, d’un « avec tout ce que j’ai fait pour toi », le jour où ils ne répondent plus à nos attentes. Ce qui ne manquera pas de mettre en péril la relation.

Ou encore, parce que cela peut générer beaucoup de stress, quand on imagine que l’autre a des attentes plus élevées que ce qu’on imagine pouvoir donner.

Enfin, parce que penser à la place des autres, aller toujours au-devant de leurs attentes supposées, c’est refuser de leur donner le choix. On leur confisque leur libre-arbitre, ce qu’ils peuvent légitimement finir par nous reprocher. La meilleure façon de penser aux autres n’est pas de penser pour eux …

Mais comment faire autrement ?

Le maître-mot est « communiquer ».

On peut commencer par demander aux autres leur avis, afin de savoir vraiment ce qu’ils pensent. Car sinon, vous ne pouvez que le supposer. Bien sûr, pour avoir une réponse sincère, il faut avoir instauré un climat de confiance, surtout si on est en position hiérarchique. Les questions ouvertes (qui n’appellent pas comme réponse un « oui » ou un « non », mais une proposition, par exemple) sont plus susceptibles d’obtenir des réponses constructives.

On peut aussi apprendre à exprimer ses besoins, pour ne plus faire passer les siens après ceux des autres. La Communication Non Violente est pour cela d’une grande aide, car elle s’appuie sur l’expression des besoins de chacun, justement. On pourra aussi en profiter pour demander à ses interlocuteurs quels sont leurs besoins réels, plutôt que les imaginer. Ils peuvent être très différents des nôtres.

Exprimer ses besoins, c’est à la fois poser des limites, et affirmer pour soi et les autres, que nos besoins, nos sentiments, nos émotions, méritent autant de considération que ceux des autres. Donc que nous valons autant que les autres. Et personne ne pourra les exprimer à votre place, ni aussi bien que vous.

Alors faites-vous confiance, et osez ! Vous verrez que les autres, ceux qui comptent vraiment, apprécieront la démarche. Et que vous n’en serez que plus respecté-e !

 

 

 

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